Témoignages: Quand le TDA/H s’invite dans la famille…

Vous n’êtes pas seuls! Plusieurs familles doivent conjuguer au quotidien avec le TDA/H, et quelques unes d’entre elles ont accepté de nous partager leurs expériences, leurs trucs et leurs petites réussites!

Routine et organisation

Tout est une question de routine et d’organisation!

Ici on utilise un calendrier sur le frigo pour noter tous les rendez-vous et autres trucs importants à a se rappeler. On utilise un Time Timer pour les travaux scolaires tout comme pour signifier la fin d’une activité qui approche (ex: heure du dodo ou du bain).

On utilise aussi beaucoup d’aides techniques! On a un animal lourd pour le retour au calme lors d’une crise, des « tangles » pour occuper les mains lors de moments de transition ou d’attentes, un move’n sit (coussin gonflable) pour bouger tout en restant assis et concentré, en plus de coquilles insonorisantes pour réduire les stimulis.

Karine Giroux

Maman d’un garçon de 6 ans diagnostiqué TDA/H mixte. Papa a un TDA. Famille traditionnelle habitant au Québec.

Réussites et petites victoires du quotidien

Pourquoi suis-je donc encore en train de parler du TDA/H ?
On ne parle que de ça à la maison, à l’école, avec les copine, avec les collègues… J’ai l’impression que ma vie et celle de mon fils ne tournent qu’autour de ça… Et franchement des fois, je m’en passerais. J’ai souvent l’impression d’être amenée à ce sujet bien malgré moi et j’aimerais qu’on arrête de m’en parler, qu’on arrête de me répéter ce que je sais déjà.

Et pourtant, aujourd’hui c’est bien moi seule qui décide de témoigner, sûrement à cause de ce besoin viscéral de crier au monde entier: « Regardez ce que je vis! ». Oui: ce que je vis au quotidien avec mon petit garçon hyperactif de 10 ans est compliqué et ce, malgré le médicament, malgré les prises en charge, malgré mes connaissances professionnelles. Mais non: je n’ai pas le droit de me plaindre.

Disons que je ne veux pas me plaindre… parce que mon enfant est certes particulier, mais surtout original, incroyablement vivant, pertinent, drôle, généreux, sensible, et tellement encore. Et parce qu’on parle toujours de ce qu’il n’a pas fait, de ce qu’il a raté, de ce qu’il a oublié. Je veux vous parler, moi, de ses réussites, renforcement positif oblige.

Alors oui, notre quotidien est compliqué depuis 10 ans, mais depuis le diagnostic et tout ce qu’on a mis en place, je dois reconnaître qu’on connaît de petites victoires tout aussi savoureuses que des grandes. Je saute de joie quand il réussit à me ramener l’intégralité de son cartable pour les devoirs, je suis fière quand il m’explique qu’il a réussi à se contrôler pour ne pas casser la figure au copain qui le poussait à bout, je fonds quand il va s’excuser de lui-même en ayant pris conscience de l’impact de ses paroles ou actions.

Ma vie est faite de tous ces petits bonheurs parce qu’à ce jour, je ne peux pas prétendre à mieux. Mais je continue à espérer, à croire, à imaginer, parce que je vois bien qu’on avance et qu’il ne sera pas toujours défini par son TDA/H. Pour l’instant j’accepte cette étiquette car elle est sa garantie d’être compris, soutenu, aidé. C’est toujours mieux que celle du sale gosse mal élevé, qui détruirait à jamais son estime de lui.

Alors, je vais continuer à parler du TDA/H de Noé, je vais continuer à étudier et à appliquer toutes les aides et astuces possibles pour que nos matins soient plus faciles, pour que nos soirées soient plus tranquilles, pour que les apprentissages se fassent, pour que ses amitiés comme les nôtres puissent survivre à l’anarchie émotionnelle et comportementale.

Et je sais que j’aurai ce courage de continuer car je n’ai pas mon fils en permanence. Sujet ô combien délicat que celui des enfants de parents séparés, ballottés de foyer en foyer… Pour moi c’est une chance. Celle de pouvoir souffler, me remobiliser, reprendre patience pendant son absence. C’est surtout une chance pour lui d’avoir des parents qui s’épuisent moins vite, qui peuvent donc plus facilement rester dans la fermeté bienveillante, qui partagent de vrais moments d’activité et d’affection avec lui parce qu’ils sont plus rares.

Alors je vais dire toute mon admiration à ces familles qui connaissent le TDA/H, qui le vivent sans répit, avec plusieurs de leurs enfants parfois. Ne laissez pas le doute et le découragement vous envahir. Oui, au final, j’ai de la chance d’être la maman de Noé.

Nelly Moucheron

Maman de Noé, 10 ans, diagnostiqué TDA/H avec opposition et provocation. Famille recomposée habitant en France.

Adapter sa vie

Je n’ai pas vraiment de trucs. Je crois que l’on s’adapte à cette vie de famille.

Ici, le sport à été une révélation pour mes enfants! Ils ont tous leur sport et chacun sa performance. Les fin de semaine sont très occupées par cela.

Aller manger au restaurant, aller au cinéma, aller souper ou recevoir ne font pas partie de nos sorties: j’évite les endroits où mes enfants ne peuvent pas être heureux.

Pour l’école, mes 2 enfants du primaire ne prennent pas l’autobus le matin, on va les porter en voiture pour pouvoir leur donner leur médication 5 minutes avant le début des cours; ainsi, la médication dure toute la journée.

On se fait souvent juger et le regard des autres est difficile, mais on apprend à faire son deuil à avoir une famille différente. Une psychoéducatrice nous a été d’une aide pour les événements où je ressentais de l’impuissance. Elle m’ a donné des outils pour m’aider à mieux comprendre mes enfants et pour faire en sorte que je sache m’adapter lors des conflits. Ça a été très utile pour nous aider à mieux vivre ensemble.

Malgré tout nos efforts, on a encore des périodes décourageantes, mais on réussit à s’en sortir.

Sylvie Gosselin

Maman de 4 enfants âgés de 4 à 14 ans, tous diagnostiqués TDA ou TDA/H. Papa a aussi un TDA/H. Famille traditionnelle vivant au Québec.

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