Le diagnostic du TDA/H

Le professionnel pourra ensuite mesurer l’intensité des symptômes présentés et établir un diagnostic, le cas échéant.

Je tiens tout d’abord à vous rassurer: tout enfant qui bouge beaucoup ou qui peine parfois à se concentrer n’a pas automatiquement un TDA/H!

En effet, un enfant peut vivre certaines situations d’anxiété qui peuvent entraîner des difficultés similaires au TDA/H sans qu’on ne retienne ce diagnostic pour autant.

Toutefois, en cas de doute, il est important de consulter un professionnel pour préciser la nature des difficultés vécues.

Les parents peuvent être dirigés vers une consultation chez un professionnel pour différentes raisons. Il arrive fréquemment qu’une évaluation soit recommandée par l’équipe scolaire, qui est bien placée pour observer des problèmes de concentration ou d’hyperactivité en classe.

Très souvent, ce sont les difficultés académiques ainsi que les problèmes d’apprentissages, d’attention et d’hyperactivité qui vont sonner l’alarme.

Pourquoi décider de consulter?

L’objectif de la consultation est d’expliquer les difficultés actuelles et les défis rencontrés par l’enfant dans son quotidien, en plus de détailler de quelles façons cela peut l’affecter dans certaines sphères de sa vie.

Le professionnel pourra ensuite mesurer l’intensité des symptômes présentés et établir un diagnostic, le cas échéant. Un plan d’intervention sera ensuite élaborer conjointement avec les parents et l’enfant par la suite.

Quand consulter?

On peut observer les premiers symptômes d’impulsivité ou d’hyperactivité motrice vers l’âge de 3 ans, mais le diagnostic est souvent posé à l’âge scolaire.

Une des raisons expliquant ce délai est que l’hyperactivité de certains enfants va diminuer progressivement, au fil des années.

Aussi, la question des traitements médicamenteux chez les jeunes enfants ne fait pas consensus dans la littérature scientifique.

Quels professionnels sont habilités à poser un diagnostic?

Au Québec, les médecins, les psychologues et les neuropsychologues sont habilités à poser le diagnostic de trouble déficitaire de l’attention (loi 21).

Le rôle de chacun de ces professionnels est complémentaire pour mettre en place des interventions adaptées à votre enfant. Il n’est pas nécessaire d’avoir une prescription du médecin pour consulter un psychologue ou un neuropsychologue,  mais certaines assurances peuvent l’exiger pour les remboursements des frais d’honoraire.

Voici une brève description de ce à quoi pourra ressembler une rencontre chez l’un et l’autre des différents spécialistes habilités à poser un diagnostic de TDA/H.

Pédiatre (ou médecin)
Au moment de la rencontre, le médecin fait un historique médical complet en faisant attention aux troubles qui peuvent imiter les symptômes d’un TDA/H. Ils peuvent demander des tests sanguins pour écarter un trouble thyroïdien ou rénal. Ils investiguent aussi les antécédents personnels et familiaux. Des questionnaires d’évaluation des symptômes peuvent être complétés par les parents, l’enseignant et l’enfant.

Psychologue
L’évaluation en psychologie permet de déterminer ou de clarifier le diagnostic en distinguant un TDA/H d’autres causes possibles comme un trouble anxieux, un trouble de l’humeur, des difficultés de gestion des émotions, des difficultés relationnelles ou affectives, un trouble d’opposition, une immaturité ou un trouble du spectre de l’autisme.

Le psychologue pourra ensuite proposer une psychothérapie ou un suivi afin de travailler pour développer des stratégies au niveau de la gestion des émotions mais aussi, de l’espace et du temps.

Un coaching parental peut également être mis en place pour guider les parents dans l’accompagnement de leur enfant.

Neuropsychologue
L’évaluation neuropsychologique est utile pour avoir un portrait plus clair de votre enfant et affiner le diagnostic. En effet, il faut savoir que le TDA/H est souvent accompagné de troubles d’apprentissage tels que la dyslexie, la dysorthographie, ou la dyscalculie.

Ainsi, l’évaluation neuropsychologique permet de dresser un état des lieux complet du fonctionnement de votre enfant pour mettre en relief ses forces et ses défis mais aussi, les autres désordres possiblement associés afin de mettre en place des stratégies pour aider l’enfant à mieux vivre avec le trouble. Une étude a montré que les recommandations des neuropsychologues sont associées à un meilleur pronostic fonctionnel (Pritchard et al, 2011).

Dans un premier temps, le neuropsychologue rencontre l’enfant avec ses parents pour faire une histoire de vie complète du patient (école, maison, développement, langage, acquisition motricité, vie sociale…). Il vous demandera également de remplir des questionnaires et de transmettre les rapports des autres professionnels qui auraient fait des évaluations antérieures (ergothérapie, orthophonistes, orthopédagogues, médecins…) ainsi qu’une lettre de l’école ou les relevés de notes/travaux.

Ensuite, le neuropsychologue fera passer différents tests neuropsychologiques à l’enfant afin de mesurer son attention, sa mémoire, son langage, ses capacités de raisonnement, de planification, d’organisation…. Il possède un certain nombre d’outils spécifiques pour tester les capacités d’attention de l’enfant (attention sélective, soutenue, divisée).

Certaines tâches sont longues, ennuyeuses et peu stimulantes, ce qui mettra rudement à l’épreuve les capacités attentionnelles. Les enfants qui ne présentent pas de trouble attentionnel passent facilement à travers ces tâches alors qu’elles s’avèrent particulièrement pénibles pour un enfant impulsif ou inattentif.

Le professionnel fait ensuite une synthèse de tous les résultats afin de se prononcer sur le diagnostic.

À retenir

  • Tout enfant qui bouge beaucoup ou qui peine parfois à se concentrer n’a pas automatiquement un TDA/H!
  • Les objectifs de la consultation sont d'expliquer les difficultés et les défis vécus par l'enfant tout en détaillant de quelles façons cela peut l’affecter dans certaines sphères de sa vie.
  • Bien que les premiers symptômes soient observables lors de la petite enfance, le diagnostic est souvent posé à l'âge scolaire.
  • Au Québec, les médecins, les psychologues et les neuropsychologues sont habilités à poser le diagnostic de trouble déficitaire de l’attention.

Références

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