Je suis tanné de crier!

Je me suis toujours dit que je ne crierais jamais contre mes enfants. Que contrairement à mes parents, je n'aurais pas besoin de le faire. AH AH AH!!! Que j'étais naïf!

Il y a quelques mois, j’ai exprimé ce que mon orgueil retenait depuis un peu trop longtemps: je suis tanné de crier avec les enfants. Bon, je ne l’ai partagé qu’avec la femme de ma vie, la mère de mes 3 petits singes, mais c’était l’aboutissement d’un processus subtil, au début, qui ne faisait que s’amplifier avec le temps.

Je vous explique: je me suis toujours dit que je ne crierais jamais contre mes enfants.
Que contrairement à mes parents, je n’aurais pas besoin de le faire pour convaincre, éduquer, influencer mes enfants. AH AH AH!!! Que j’étais naïf!

Au début, ça commence avec des mots légèrement plus forts que d’habitude:

– Arrête de faire des grimaces à ton frère!
– Ferme la télé et viens manger!
– Vite, va t’habiller pour l’école!

Les semaines passent et, graduellement, l’effet s’estompe. Il faut alors redoubler d’ardeur et, naturellement, redoubler de volume!

– ARRÊTE et laisse ton frère tranquille!
– Veux-tu bien FERMER LA TÉLÉ et venir t’asseoir à table?
– Va t’habiller, ON VA ÊTRE EN RETARD!

Les semaines passent et, graduellement, l’effet s’estompe encore plus. Les comportements empirent et il faut quadrupler d’ardeur pour avoir un semblant de réaction de leur part.

– ARRÊTE, ARRÊTE TOUT DE SUITE ET VA DANS TA CHAMBRE!
– FERME LA SATANÉE TÉLÉVISION! À PARTIR DE MAINTENANT, FINI LA TÉLÉ!
– VA T’HABILLER, RAMASSE TON LINGE ET VIENS METTRE TON MANTEAU, ON DOIT PARTIR!

Après réflexion, je me rends bien compte que tout ce que j’ai fait ou dit n’a fait qu’empirer la situation et nuit au climat dans la maison. Tout le monde devient bougon, impatient et plutôt malheureux. Trop de confrontation. J’ai même dit à mes enfants que j’étais tanné de crier et que je ne voulais plus crier.

Quelques discussions avec la femme de ma vie, un peu de lecture sur le sujet et je tente une nouvelle approche. Je vous préviens tout de suite, elle est loin d’être parfaite, mais je sens qu’elle fait une belle différence.

  • Je respire par le nez en me répétant, dans ma tête, que « la vie est belle », comme disait ma grand-mère. Ça semble banal, mais je me fâche beaucoup moins rapidement comme ça.
  • Ce ne sont que des enfants. Reste « cool » papa. Il  n’y a pas le feu dans la maison. Explique ton opinion en peu de mots, clairement et fermement. Reste calme.  
  • N’argumente pas avec eux (ils ont réponse à tout!) et encourage-les. CHANGE DE SUJET VITE!

Je le répète, ce n’est pas parfait. Mais je crie beaucoup moins et le climat est très bon dans la maison, beaucoup plus souvent. Quand j’ai des rechutes, ils me le disent: « Papa, t’as dit que tu ne voulais plus crier et là, tu cries! »

Je vous jure qu’ils n’en manquent pas une!

 

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